Exposition: 1er salon de "Plumes et Toiles" septembre en mer
Pour sa première exposition
L'association "PLumes et Toiles"
a obtenu un franc succès!
Dans le cadre de Septembre en Mer
En coopération avec
"Les Marines de Bouc Bel Air"
Plumes et Toiles: C'est une association amicale qui rassemble des Artistes peintres et des personnes qui écrivent appelées: Ecrivants
Tous ont travaillé sur le thème de la mer




Quatre hommes à la mer
La pêche de la veille avait été fort décevante aussi, dès le lendemain à l’aube, et malgré un ciel déjà menaçant, le Capitaine donna l’ordre du départ. Aucun de nous n’aurait osé contester. Nul n’y songeait. Nos familles avaient faim, nous n’avions pas le choix.
Plus tard, tout en jetant les filets, nos regards ne purent s’empêcher de scruter avec crainte des épais nuages noirs de plus en plus inquiétants. Ils avançaient inexorablement vers nous comme pour nous envelopper et nous étouffer dans une ouate imbibée d’encre. Le vent qui faisait déjà tanguer dangereusement notre chaloupe, augmenta encore. Le capitaine jugea plus prudent de faire demi-tour. Hélas, c’était trop tard. La voile se gonflait sous les assauts d’Eole. Soudain, elle se déchira, nous entraînant vers le large.
C’est alors que les éléments se déchaînèrent d’un coup : En même temps qu’une pluie torrentielle, l’orage éclata, les vagues prises de folie montèrent à une hauteur impressionnante. Nous n’étions plus que quatre insectes dans une demi coque de noix qu’on aurait jeté dans une rivière en furie. Nous commencions à penser que nous étions perdus. Tout en redoublant d’efforts pour maintenir notre chaloupe, nous priions avec ferveur.
Tout à coup, nous aperçûmes au loin, là où la tempête n’était pas encore arrivée, là où le monde semblait normal, un gros bateau. Aussitôt, nous fîmes de grands gestes en criant et en agitant des chiffons. Mais nous savions bien qu’il y avait peu de chance qu’il nous voit et, encore moins, nous entende. Et quand bien même, ces marins n’auraient sans doute pas été assez fous pour foncer droit dans la tempête pour sauver quatre malheureux pêcheurs.
Toute lutte était devenue impossible. De toute façon, nous étions dans un état proche de l’épuisement. Nous nous abandonnâmes donc à cet enfer aquatique.
Nous étions conscients de notre fin, notre peur était plus grande que le désespoir. Soudain, une vague encore plus gigantesque que les autres, une vague énorme et gourmande nous projeta dans les airs, faisant éclater notre frêle embarcation avant que la mer nous engloutisse, nous dévore, nous désintègre après une chute effroyable…
Ce qu’il advint de mes compagnons, je n’en sais rien. Sans doute périrent-ils. Quant à moi, après être resté accroché à une planche, dans un épuisement total, je ne pouvais que me laisser porter, entraîné par le vent et la marée. La tempête s’était apaisée presque d’un coup. Mais alors que j’étais sur le point de m’évanouir, je m’aperçus avec surprise que j’avais pied. La pente était si sensible que je dus marcher encore avant de parvenir au rivage. J’avançai à l’intérieur des terres sans découvrir trace humaine.
Trop exténué, je m’écroulai sur le sol.

