Le pianiste nomade de Marc Vella
Récit autobiographique de:
Marc Vella
Editions: Presses de la Renaissance
4ème de couverture:
A vingt ans, Marc Vella décide de s'échapper de l'univers confiné des conservatoires et des salles de concert pour offrir sa musique à ceux qui n'y ont pas accès, prêcher la tolérance et l'amour dont il a manqué enfant. France, Europe, Afrique, Sahara, bidonvilles de l'Inde et du Pakistan, il joue là où l'on a pas l'habitude de voir un homme en smoking et encore moins un piano à queue.
Un regard croisé, une main qui effleure timidement les touches de son clavier... où qu'il pose son instrument, sa bonté, son audace et son talent parviennent à effacer les frontières, à ouvrir les coeurs les plus fermés.
Sa vie est une aventure humaine perpétuelle. Il nous en fait partager les moments les plus beaux et les plus fous, faits de voyages et de rencontres fortes, improbables et insolites. Son récit émeut, émerveille, souvent fait rire et surtout redonne confiance en l'humanité.
Marc Vella dit que tout est possible, qu'il suffit d'oser et d'aimer. Après avoir lu son livre, on le croit.
L'auteur:
Marc Vella a 42 ans. Il vit en région parisienne avec sa femme et ses enfants. Prix de composition à Paris (ENMP 1986) et Premier prix de composition à Rome (au Torneo Internationale di Musica 1999) il a parcouru en près de vingt ans plus de 120 000 km à travers le monde avec son piano à queue.
Ce que j'en pense:
Personnellement, je n'aime pas du tout les autobiographies.
Si une amie ne m'avait parlé de ce livre avec tant de chaleur, je ne l'aurais pas lu. Et puis, je me suis dit, pour les vacances.... Esprit de voyage...
Finalement, j'ai lu la 4ème de couverture, puis une ligne ou deux à l'intérieur du bouquin , enfin, j'ai commencé (ce que je fais rarement) la première ligne de la première page:
"Je suis le fruit d'une passion et de la livraison d'une machine à laver. Mes parents étaient en train de faire l'amour; au moment critique, sonna à la porte le livreur...."
Et c'était parti... je n'ai plus laché le livre. Le reprenant à chaque fois que cela m'était possible. J'avais abandonné (pour un temps) le nouveau roman de Philip Rhot que j'avais commencé...
Voici (page 132) un extrait écrit par un journaliste de Montpellier: Dominique Aussenac:
"Il est des êtres. Des êtres humains porteurs de tous les possibles. Etres humains qui décrochent quotidiennement le lune pour la déposer à nos pieds (meurtris et blasés)...."
Autre extrait du livre (page182) lorsque Marc Vella arrive au Pakistan:
"J'ajustai mon smoking, il fallait que je sois beau. Le camion s'arrêta au milieu d'une clairière très sale. Non loin de là, s'étalait à ciel ouvert une décharge où des mouettes et des enfants se partageaient un maigre festin. De l'autre côté de la piste se dressait une mosquée. Avec ses hautes minarets, elle tranchait brutalement avec le paysage horizontal. En face de l'édifice croupissaient dans les immondices des femmes et des enfants, des vieillards et des hommes. Allah était mieux logé que les hommes! Aberration du monde, insoutenable bêtise. Tant qu'il existera des temples, des églises et des mosquées, la peur règnera. En vérité, la seule véritable maison de Dieu se trouve dans le coeur de tout ce qui est vivant.Elle est donc par essence dans le coeur de chaque homme. Celui qui sait que Dieu règne dans son coeur ne ressent aucune peur et n'éprouve pas le besoin de se rendre dans un temple, une église, une mosquée.
Autres extraits:
"La poussière s'était insinué partout! Elle avait endommagé le matériel son, cinéma, la nourriture, les vêtements, etc. La mécanique du bus avait également souffert, le sytème de compression d'air était détruit, et le bus n'avait plus de freins. Heureusement il nous restait le Telma, un ralentisseur électrique qui nous permit par la suite de poursuivre le voyage jusqu'à Nouakchot afin d'effectuer les réparations. La poussière s'était aussi déposée sur notre enthousiasme, nous étions détruits!...."
".... Osez, osez, osez, même au risque de trébucher...... Et quand nous ressentons nos limites, dans un sentiment d'impuissance et d'imperfection qui blesse notre orgueil, comme de vieilles peaux qui s'accrochent à notre âme, empêchant son déploiement, surtout ne rien nous reprocher, ne pas nous sentir coupables. "
Ce livre n'est pas seulement un hymne à la musique, c'est aussi et surtout un hymne à l'amour...